Le terme « micro-fragments » est retenu pour englober l'ensemble des émissions, qu'il s'agisse des microfibres relarguées par les textiles ou des microparticules issues de l'usure des chaussures — qu'elles soient d'origine synthétique, artificielle ou naturelle.
Si la littérature scientifique s'est majoritairement concentrée sur les émissions en phase d'usage, en particulier au lavage, les étapes de fin de vie restent un angle mort significatif, alors même que les politiques publiques orientent massivement la filière vers la circularité.
Ce que l'étude révèle
Les résultats mettent en lumière plusieurs constats structurants :
- Des émissions de micro-fragments ont lieu à toutes les étapes des procédés de recyclage (découpe, délissage, broyage, effilochage), mais leur quantification reste très incertaine.
- Le vieillissement des textiles en conditions réelles de porté est quasi inexploré dans la littérature existante.
- Le recyclage chimique apparaîtrait comme la voie la moins impactante, les fibres produites étant à priori de qualité équivalente aux fibres vierges.
- Les chaussures, et particulièrement les semelles, demeurent le grand angle mort des recherches actuelles.
Ce rapport ne remet pas en cause les bénéfices environnementaux globaux de la circularité, mais appelle à mieux caractériser ses impacts en termes d'émissions de micro-fragments.
Cela implique notamment de :
- Prioriser les études sur le recyclage mécanique et le vieillissement en conditions réelles de portée.
- Développer des protocoles de mesure standardisés couvrant l'ensemble des milieux (eau, air, sol).
- Combler les lacunes spécifiques aux chaussures, encore quasi absentes de la littérature.
- Sensibiliser et former les acteurs de la filière avale aux enjeux des micro-fragments et aux bonnes pratiques pour les limiter.
- Favoriser les partenariats entre chercheurs, industriels et pouvoirs publics pour partager les connaissances et co-construire des solutions.





