Le coton

Comprendre la matière, ses chiffres clés, les étapes de son procédé de fabrication, ses propriétés et applications, les enjeux environnementaux, ainsi que les informations sur la durabilité, la recyclabilité et les alternatives disponibles à cette matière.

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Mise à jour : Oct 2026
24,5 millions de tonnes

De fibre de coton produites dans le monde en 2024, soit environ 19 % du marché mondial des fibres.

34 %

Du coton mis sur le marché en 2024 provenait de sources certifiées

1 %

Du coton mis sur le marché en 2024 était du coton recyclé

Introduction

La fibre de coton est issue d'une plante nommée cotonnier qui, après la floraison, présente une capsule composée de graines et d'une bourre de fibres. Ce sont ces fibres qui sont récoltées puis utilisées par l'industrie textile.

Données clés

  • Type de fibre : Fibre naturelle végétale.
  • Production mondiale du coton :  Environ 24,5 millions de tonnes de fibre de coton (2023/2024), soit 19 % de la production mondiale de fibres. Le coton est produit dans plus de 70 pays et fait vivre 100 millions de foyers à travers le monde. 1 
  • Principaux pays producteurs de laine mérinos : D’après l’International Cotton Advisory Committee (ICAC), les trois quarts de la production mondiale de coton sont assurés par quatre pays : la Chine, l’Inde, le Brésil et les États-Unis. Si ce classement varie selon les années, la Chine reste le premier producteur de fibres de coton à l’échelle mondiale. 2
  • Place du coton dans la production mondiale de fibres : 2ème place, derrière le polyester (59 %). Première place parmi les fibres naturelles.

Marché mondial des fibres

Coton produit en 2024 19%
Autre fibre 81%
  • Part de matière recyclée : Environ 1 % de la production mondiale de coton, soit environ 300 000 tonnes (2024). 3
  • Part de matière certifiée : 34 % de la production mondiale provient de sources certifiées (2024) d’après Textile Exchange (coton biologique, fairtrade, autres standards, …). 4

Part de matière certifiée

66%
34%
Coton conventionnel
Coton certifié

Propriétés et exemples d’applications

Le coton est la fibre naturelle la plus utilisée dans l'industrie de la mode, du textile et de l'habillement.

Il présente en effet de nombreuses propriétés recherchées :

  • Sa douceur, sa respirabilité, sa légèreté et sa polyvalence le rendent omniprésent dans l’habillement, le linge de maison, les vêtements professionnels et même le secteur médical.
  • Ses propriétés d’absorption exceptionnelles – capable d’absorber jusqu’à 65 % de son poids en eau – permettent au coton de se décliner en une multitude d’applications, des t-shirts aux jeans en passant par les compresses médicales.
  • Une bonne résistance à la traction et au lavage.

Toutefois, le coton présente des points faibles en ce qui concerne l’abrasion et la déchirure, le rendant moins résistant que les matières synthétiques et le polyester notamment, bien qu’une fibre/filature de bonne qualité puisse grandement améliorer sa résistance. Les mélanges coton / polyester et coton / élasthane permettent de conférer de nouvelles propriétés : le polyester apporte plus de résistance et diminue le froissage, et l’élasthane apporte plus d’élasticité.

Production

Étapes du procédé de production 5

La transformation de la capsule de coton jusqu'au fil nécessite plusieurs étapes :

1ère étape

Culture et récolte

Le coton est d'abord cultivé puis la capsule est récoltée une fois par an – à la main ou mécaniquement selon les pays producteurs.

2ème étape

Egrainage et mise en balles

Les fibres sont séparées des graines par égrainage, puis mises en balles pour le transport.

3ème étape

Nettoyage et transformation en nappe

Les bourres de fibres sont nettoyées, démêlées et transformées en une nappe continue

4ème étape

Filature

La nappe suit les étapes de filature : peignage (pour les fils fins ou de qualité supérieure), doublage, étirage et torsion pour obtenir un fil

5ème étape

Bobinage du fil

Le fil de coton est bobiné et est prêt pour la confection de tissus ou de tricots.

Pour mélanger du coton et du polyester, un mélange intime (mélanger les fibres avant l'étape de filature) peut être réalisé, par assemblage de fils, ou bien au sein de la contexture.

Schéma de production

 

Impact environnemental

Enjeux environnementaux de la production

Enjeux éco-conception

1. Durabilité 7

Le coton est une fibre durable dans son usage quotidien : sa résistance mécanique et sa capacité à supporter de nombreux lavages lui confèrent une longévité pour la majorité des applications vestimentaires.

La faible résistance du coton à la coupe du coton et à l'abrasion limite néanmoins sa durabilité physique. Le coton présente ainsi un compromis : de bonnes résistances en traction et au lavage, mais des performances plus limitées en matière d’abrasion et de déchirure.
La durabilité d'un produit en coton dépend fortement de la qualité de la fibre (longueur des fibres, type de filature) et des traitements appliqués lors de la confection.
Le polyester ou les mélanges polyester/coton (polycoton), par exemple, résistent plus longtemps aux lavages et à l'usure que le coton. Le polycoton est par ailleurs le mélange le plus fréquemment rencontré. Ce mélange peut être réalisé en mélange intime, par assemblage de fils ou bien au sein de la contexture et il permet de renforcer de nombreuses propriétés : la résistance, l’infroissabilité, la stabilité dimensionnelle, la capacité d'absorption, la facilité d'entretien et le confort.

Les mélanges du coton avec de l’élasthanne sont également très fréquents puisque ce dernier va permettre d’apporter de l’élasticité au produit. Ce mélange est notamment utilisé dans le denim pour apporter des propriétés élastiques « stretch » aux articles

2. Recyclabilité

Le coton peut être recyclé par deux procédés principaux :

1. Le recyclage mécanique : les textiles usagés non-réutilisables sont préparés pour être recyclés (délissés et découpés en chiquettes) puis défibrés (effilochés) pour récupérer les fibres. C'est le procédé dominant à l'échelle industrielle. L’effilochage a cependant tendance à raccourcir les fibres. Selon leur application, et notamment pour obtenir un nouveau fil avec du coton recyclé, les fibres recyclées sont mélangées à de la matière vierge pour maintenir une qualité suffisante.

2. Le recyclage chimique : les textiles sont dissous (dissolution sélective par solvants, recyclage enzymatique...) afin d'isoler et régénérer les monomères de cellulose qui sont ensuite filés sous forme de nouvelles fibres. Ce procédé permet d'obtenir des fibres artificielles cellulosiques (la dissolution impactant la structure du coton, il est impossible de récupérer des fibres de coton). Il reste néanmoins encore peu déployé à l'échelle industrielle.

Le coton recyclé a de nombreux débouchés : création de nouveaux fils textiles, fabrication de papier, non-tissés et matériaux d'isolation. Malgré ces potentiels, la part du coton recyclé dans la production mondiale reste marginale (environ 1 % en 2024 pour le recyclage mécanique), freinée notamment par la difficulté à trier et séparer les mélanges de fibres

3. Incorporation de matière recyclée

L'incorporation de coton recyclé dans de nouveaux produits textiles se heurte à plusieurs obstacles structurels :

  • La présence de mélanges de fibres (exemples : coton/polyester, coton/élasthanne) peut compliquer l’identification des matières et le tri, rendant difficile l'obtention d'un gisement de coton pur en quantité suffisante.
  • La dégradation des fibres lors du recyclage mécanique (fibres plus courtes et plus fragiles), qui implique de mélanger les fibres de coton recyclé issues de textiles usagés avec des fibres vierges pour atteindre les propriétés mécaniques requises. 8

Leviers d’action

Points de vigilance

Comme dans toutes démarches d'éco-conception, avant de choisir une matière, il est primordial d'analyser l'impact environnemental de tout le cycle de vie d'un produit et de comparer différents scénarios afin d'identifier laquelle est la moins impactante pour l'environnement. Il n’y a pas de matière idéale, il faut choisir une matière en fonction de l’usage du produit et de ses objectifs environnementaux.

En savoir plus

Il existe plusieurs labels et certifications pour cette matière, voici ceux éligibles à l'éco-modulation "Labels environnementaux" de Refashion.

Les éco-modulations : Refashion valorise les démarches d’éco-conception des produits grâce à un système de primes et de pénalités. Découvrez les critères et démarches pour déclarer des éco-modulations.

En savoir plus

GOTS (Global Organic Textile Standard)

Applicable au coton biologique certifié. Le coton fait explicitement partie des fibres couvertes par GOTS (Global Organic Textile Standard).

La certification Ecocert ERTS (Ecological & Recycled Textile Standard)

La certification Ecocert ERTS (Ecological & Recycled Textile Standard) est adaptée aux textiles à base de fibres naturelles et/ou recyclées, ce qui inclut le coton.

Le label OEKO-TEX® MADE IN GREEN

Le label OEKO-TEX® MADE IN GREEN peut concerner des articles textiles en coton, y compris du coton non biologique. Le label porte notamment sur l’innocuité, la traçabilité et les procédés de fabrication.

Le label bluesign

Le label bluesign PRODUCT est une certification du produit fini et de ses procédés de fabrication, sans restriction à une fibre particulière.

L’Ecolabel Européen

L’Ecolabel Européen couvre les vêtements et produits textiles, avec des critères portant notamment sur les fibres de coton.

Fairtrade® Textile

Fairtrade® Textile est applicable aux textiles intégrant notamment du coton Fairtrade, ainsi qu’à d’autres fibres responsables admises par le référentiel.

Demeter®

Applicable au coton issu de pratiques biodynamiques, le coton faisant partie des matières couvertes par le standard textile Demeter et DIRT.

Bioré®

Le label bioRe® Sustainable Cotton concerne précisément du coton issu de l’agriculture biologique et du commerce équitable.

Matières alternatives disponibles

1. Le coton recyclé
Le coton recyclé est issu du recyclage de vêtements usagés (post-consommateur) ou de chutes de production (post-production) ou de produits invendus (pré-consommateur). Sa production permet de réduire le recours à du coton vierge et les impacts environnementaux associés à la culture. La traçabilité du contenu recyclé peut être garantie par les labels Global Recycled Standard (GRS) et Recycled Claim Standard (RCS) de Textile Exchange. 9

2. Le coton biologique
Le coton biologique est produit sans pesticides de synthèse ni engrais chimiques, et sans OGM. Sa culture repose sur des méthodes naturelles (rotation des cultures, compostage, lutte biologique) qui préservent la santé des sols et des écosystèmes. Elle réduit significativement l'exposition des agriculteurs aux substances toxiques. La fibre de coton biologique est certifiée selon des standards reconnus tels que le GOTS (Global Organic Textile Standard) ou l'OCS (Organic Content Standard) de Textile Exchange, qui assurent une ségrégation physique des flux de fibre biologique (le mass balance n’est pas accepté). 10

3. Le coton régénératif
Plusieurs standards existent pour la fibre de coton issue d’agriculture régénérative, mais le Regenerative Organic Certified (ROC) est le standard de référence du textile régénératif. En plus de faire de la certification en agriculture biologique un prérequis, le standard ROC couvre des critères de bien-être animal et d'équité sociale, et mesure les impacts des pratiques agricoles sur la santé des sols sur le terrain. Le passage du coton en agriculture régénérative permet notamment d’agir sur la capacité de rétention d’eau des sols grâce à la mise en place de pratiques telles que les couverts permanents, le non-labour ou l’incorporation de matière organique reconstituée. 11

Textile Exchange – Preferred Fiber & Materials Market Report (annuel)

Publié chaque année par Textile Exchange, ce rapport est la référence sectorielle sur les volumes de production des principales fibres textiles. Pour le coton, il suit la progression des cotons certifiés et recyclés dans le mix mondial, et fournit les données de marché les plus à jour disponibles publiquement. L'édition 2025 révèle que 34 % du coton mondial provient désormais de sources certifiées, un progrès notable mais encore insuffisant au regard de la vitesse de croissance de la production totale.